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INTRODUCTION « Depuis plus de cinquante ans, l’histoire stratégique américaine est aussi celle de tout un secteur du cinéma qui vient prolonger l’histoire réelle par la création d’un univers d’images et ainsi d’un univers mental où se constitue l’identité stratégique américaine comme l’une des dimensions essentielles de l’identité nationale. Dans celle ci se rejoignent le sentiment d’être un peuple élu et de mener des guerres justes, ou qui le deviennent grâce au pouvoir de la symbolisation cinématographique. » J.M. Valantin. Cet article va se pencher sur les rapports entre ces trois pouvoirs considérables que sont Hollywood, le Pentagone et Washington à travers ce qu’on appelle le cinéma de sécurité nationale. Ces films mettent en scène la nation américaine en danger, qu’il s’agisse d’une menace appartenant au réel (politique, militaire, terroriste, nature) à l’imaginaire (extra terrestres, monstres divers) à la métaphore (les extra terrestres des fifties symbolisant les méchants soviétiques perçus alors comme aussi étrange que des martiens). I - A PROPOS DU CINEMA DE SECURITE NATIONALE ET DE LA PRODUCTION DE MENACES Pénétré par les grands mythes fondateurs de la nation américaine, le cinéma américain ne fait que les ré-exploiter encore et encore pour ainsi en fournir une modernisation, rappelant leur universalité et leur profond enracinement par la force de l’image. « Le mythe a une double fonction : il désigne et il notifie, il fait comprendre et il impose » (Roland Barthes). |
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La stratégie globale des Etats Unis est déterminée par un rapport au monde assez unique : Les U.S.A. ne connaissent pas de voisins hostiles, ils sont protégés par deux océans et n’ont jamais connus d’invasions. Pourtant, le monde extérieur est perçu comme lourd de menaces potentielles et sert principalement de projection au mythe de la frontière. La construction nationale n’a pas été développée au cours d’invasions mutuelles ou d’échanges commerciaux mais s’est opérée et s’opère encore contre « un autre générique ». Plutôt récente et fragile cette société a besoin de ce consensus autour d’une menace commune qu’utilise le pouvoir fédéral pour assurer son développement. |
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Le cinéma de Sécurité Nationale développe alors tout l’éventail des menaces probables, improbables, connues ou inconnues. La menace selon M. Rogin c’est « Le démon étranger, l’anarchiste poseur de bombes, la conspiration communiste tentaculaire, les agents du terrorisme international (qui) sont des figures familières du rêve éveillé qui domine si souvent les politiques américaines », mais c’est aussi la nature qui est perçue de manière stratégique mais aussi comme un déchaînement divin. L’ensemble de ces menaces légitiment la production de stratégie et le développement de la puissance militaire. La menace doit avoir une dimension affective, elle doit soulever un sentiment collectif, unir la collectivité contre elle et susciter la peur, l’inquiétude et la méfiance. On aurait tort de croire que Hollywood ne fait qu’illustrer les menaces utilisées par le pouvoir politique ou militaire, Hollywood participe pleinement aux débats, parfois de manière active, au sein du ministère de la Défense. |
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